Les méta-données à la rescousse de votre mémoire (et de vos photos) !

Par Olivier Fontenelle - Catégories: Contenu numérique, Photographie, Théorie, Utilisateur débutant
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Pelle dans le sableAvec l’arrivée de la photographie numérique, le nombre de clichés pris augmente de manière importante car on a une tendance naturelle à mitrailler d’une part, et à ne pas vraiment faire le tri d’autre part — alors qu’on va avoir 5 ou 6 versions quasiment identiques d’une photo du petit dernier sur la plage en train de jouer avec sa pelle et son rateau…

Donc on empile, et au bout de quelques années, on se retrouve avec des photos qu’on ne sait plus vraiment situer : quelle année ? A quel endroit ? Et qui est cette personne, là, sur la gauche, derrière Tonton Auguste ? C’est un peu comme avec des photos papier, avec cette différence qu’on ne peut pas écrire un vague « La Rochelle 98 » au dos, qui nous aiderait pourtant bien.

En fait, c’est possible grâce à un système appellé les méta-données.

Qu’est-ce qu’une méta-donnée ?

De la manière la plus générique, une méta-donnée est définie comme une information décrivant ou précisant une autre information : pour une photo, ce peut être par exemple la date à laquelle la photo a été prise, la marque et le modèle de l’appareil photo, ou encore le lieu de la photographie et les personnes présentes sur l’image.

Avec ces exemples, il est facile de comprendre que certaines méta-données peuvent être alimentées de manière automatique et d’autres nécessitent une intervention humaine — les ordinateurs ne savent pas encore très bien reconnaître la grand-tante Gertrude !

Techniquement, il y a deux manières de conserver les méta-données liées à une photo : soit directement dans la photographie en elle-même (cas du format JPEG par exemple), soit à l’extérieur, par exemple dans une base de donnée ou un fichier externe. D’une manière générale, ce dernier mode de fonctionnement est à fuir comme la peste car il souffre d’un défaut majeur : le lien entre les méta-données et la photo est très facile à rompre et donc toute l’information riche associée est perdue — cas simple : j’envoie une photo par mail, si j’oublie / je ne peux pas envoyer également le fichier de méta-données, j’ai perdu.

L’autre intérêt d’avoir les méta-données incluses dans les fichiers, c’est pour la recherche : il devient en effet particulièrement simple de trouver toutes les photos de 2006 avec la grand-tante Gertrude grâce aux outils de recherche présentés dans un précédent article, car ces derniers savent indexer les méta-données !

Par la suite et pour ces raisons, nous allons nous intéresser aux méta-données qui sont directement intégrées aux fichiers représentant les photographies numériques.

Les différents types de formats de méta-données et leurs utilités respectives

Dans le contexte de la photographie numérique et plus particulièrement du format JPEG, plusieurs formats co-existent :

  • EXIF, qui rassemble les données « techniques » sur la photographie (date et heure, focale, durée d’exposition, etc.) et qui sont directement intégrées par l’appareil au moment de la prise de vue. Ces méta-données ne sont pas faites pour être modifiées mais sont plutôt « système ».
  • IPTC, conçu par un organisme d’agences de presse (l’International Press Telecommunications Council, site web) et qui définit un nombre pré-déterminé de méta-données telles que l’auteur, la ville, le titre, le copyright, etc.
  • XMP, un format de méta-données créé en 2001 par Adobe et basé sur XML, avec les avantages liés à ce langage (extensibilité des méta-données et gestion multi-langue grâce à l’Unicode1 notamment)
  • Il est également possiblede stocker dans une photo les coordonnées GPS (longitude et latitude) de l’endroit où la vue a été prise2 ; cela s’appelle du geo-tagging et permet ensuite par exemple de positionner les photos d’un voyage sur une carte géographique !

Les logiciels permettant de gérer les méta-données d’une photographie numérique traitent systématiquement EXIF et IPTC, et moins fréquemment XMP. Dans ce dernier cas, les logiciels « doublonnent » souvent les méta-données en les sauvant à la fois en IPTC et en XMP.

Dans un souci de pérennité, XMP devrait à mon sens être le format à utiliser car il permet d’être extensible.

Un exemple pour finir ?
Métadonnées dans une photo numérique

Avant d’aborder des aspects plus concrets dans un prochain article, finissons avec un petit exemple de méta-donnnées sur une photo de vacances récente. On peut y voir les données suivantes :

  • le titre : Congés e Pâques 2007
  • des mots-clefs génériques (vacances, Pâques…)
  • la liste des personnes présentes sur la photo (Anne-Laure…)
  • l’endroit (Saint Martin de Ré) et les coordonnées GPS associées, obtenues grâce à Google Earth
  • l’auteur de la photo (Cédric)

On peut également voir sur cette capture d’écran les propriétés GPS (repliées) ainsi qu’une partie des données EXIF ajoutées automatiquement par l’appareil photo.

Pour aller plus loin…

Pour vos travaux pratiques en attendant le prochain épisode, vous pouvez utiliser les logiciels suivants (tous gratuits) qui gèrent IPTC et/ou XMP :

N’hésitez pas, manipuler reste le meilleur moyen d’appréhender ce système — travaillez tout de même sur une photo « qui ne risque rien » (copie, photo bidon, etc.) par précaution !

  1. En schématisant, le standard ISO Unicode est un jeu de caractère regroupant l’ensemble des caractères de l’ensemble des langages humains, de l’anglais au japonais en passant par le cyrillique et l’indonésien… bref, vous avez compris. []
  2. Certains fabriquants commencent même à proposer des appareils photo numériques intégrant directement un GPS ! []
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5 commentaires to “Les méta-données à la rescousse de votre mémoire (et de vos photos) !”

  1. Teenage a écrit:

    Pour l’instant le seul logiciel (hors applis web : flickr,…) que je connaisse qui gère intelligement les méta-données est Photoshop Album.
    Son gros avantage est de pouvoir illustrer les marqueurs (tags) avec un vignette.
    Son gros problème est sa lourdeur, son absence de d’album photo service en ligne, le manque de finission de fonctions simple, et son coté fermé.

    L’idéal serait qu’Itunes se mette au photos, en attendant je suis preneur pour un remplacant à Photoshop Album

  2. Gautier a écrit:

    Sauf erreur de ma part, iPhoto sur Mac (;-) ) gère aussi les tags – pas forcément très bien je vous l’accorde, mais ça peut faire l’affaire.

  3. Olivier a écrit:

    Gautier,

    En fait, les tags iPhoto sont stockés de manière externe aux images, dans un fichier XML propre à iPhoto il me semble.

    Donc, si ce fichier est perdu pour une raison quelconque, ou si tu envoies la photo par mail, tout simplement, les métadonnées sont perdues.

    — Olivier

  4. Teenage a écrit:

    Même chose pour Photoshop Album, il est incapable de reconstruire son index à partir des photos comme Itunes le fait à partir des fichiers son.

  5. Technomestique » Blog Archive a écrit:

    […] le dernier article sur les méta données de photos vous savez qu’une photo numérique, en plus de l’image elle-même bien sûr, contient […]

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